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CAMPAGNE 2026

LA LUTTE COLLECTIVE, PAS D'AUTRE ALTERNATIVE

À Esperanzah!, nous déployons chaque année une campagne d’éducation permanente. La thématique choisie pour cette édition s’inscrit dans la continuité de celle de 2025 (Résiste. Milite. Existe !) et s’attaque de front à l’extrême droite sous un nouveau prisme : " La lutte collective, pas d’autre alternative ".

Face à une société de plus en plus individualiste et une criminalisation de la solidarité, faire collectif devient une nécessité politique, sociale et vitale pour barrer la route aux idées de haine.

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POURQUOI CE SLOGAN ?

LUTTER

Lutter, c’est s’organiser collectivement face aux dominations pour la survie quotidienne et pour transformer la société.

 

COLLECTIF 
« Faire collectif », c’est transformer l’isolement en solidarité pour faire front ensemble.

 

L'ALTERNATIVE

Rendre désirable un autre monde où chacun·e vit mieux : solidarité, dignité, accès aux soins, au logement... 

À Esperanzah!, nous voulons prouver qu’un autre monde est possible et que, lorsque nous faisons front ensemble, l’horizon s’éclaircit. Découvrez les détails et les enjeux de cette campagne ! 

  • Depuis plusieurs décennies, le néolibéralisme transforme nos sociétés en imposant l’idée que chacun·e est seul·e responsable de sa réussite, tout en fragilisant les conditions qui la rendent possible. Ce basculement affaiblit les protections collectives : services publics, droits sociaux et solidarités deviennent des charges individuelles, dans une société marquée par la pression de “s’en sortir” et la peur de tout perdre. 

    C’est dans ce contexte que les idéologies autoritaires prospèrent, en proposant des réponses simplistes et en désignant des boucs émissaires : les personnes au chômage seraient des “profiteur·euses”, les personnes migrantes une menace, les minorités des sources de désordre, alimentant des récits qui fragmentent la société. La disparition des espaces collectifs renforce cet isolement.

    En Belgique, cette dynamique se traduit dans les politiques du gouvernement Arizona (N-VA, MR, Les Engagés, CD&V et Vooruit), que la Ligue des droits humains qualifie de « recul alarmant des droits fondamentaux » et de « tournant sécuritaire inquiétant », à travers des mesures comme les visites domiciliaires[1] ou les réformes des pensions, du chômage, qui affaiblissent les protections collectives et veulent traquer les chômeurs et les malades de longue durée.

    Cette logique s’étend aux secteurs essentiels à la vie démocratique et au lien social, comme l’enseignement, la culture et le tissu associatif, aujourd’hui directement visés par des politiques d’austérité malgré leur rôle fondamental de rencontre, de transmission et de construction collective. Dans l’enseignement, les réformes annoncées suscitent de vives inquiétudes, notamment l’augmentation du coût des études supérieures, qui pourrait passer de 835 à 1200 euros, constituant un frein supplémentaire à l’accès à l’éducation et renforçant les inégalités.

    Le secteur culturel est lui aussi durement touché. Plusieurs lieux et événement ont fermés: la Médiathèque Nouvelle, La Centrale, le Fame Festival. À cela s’ajoute le gel de l’indexation des subventions culturelles jusqu’en 2029, obligeant les structures à absorber l’inflation sans compensation, ce qui revient, concrètement, à une diminution de leurs moyens.

    À Bruxelles, une quarantaine d’associations sont aujourd’hui menacées par l’incertitude de leur financement. Elles accompagnent des publics vulnérables : sans-abri, victimes de violences, addictions, traite ou radicalisation. Leur disparition ou leur affaiblissement aurait des conséquences immédiates et profondes, non seulement pour les personnes concernées, mais pour l’ensemble du tissu social.

    Ce qui se joue ici dépasse largement une série de mesures isolées. Il s’agit d’un mouvement global qui fragilise les solidarités, affaiblit les espaces collectifs et renforce l’isolement, créant un terrain propice à la montée des logiques autoritaires. Face à cela, la question n’est pas seulement de résister, mais de reconstruire des formes de collectif capables de redonner du sens, de la force et des perspectives à des expériences aujourd’hui fragmentées.

     

    [1] Parmi les mesures les plus préoccupantes figure l’avant-projet de loi sur les « visites domiciliaires », approuvé en conseil des ministres le 3 avril, qui viserait à autoriser les contrôles de personnes en séjour dit “irrégulier” directement à leur domicile ou chez leurs hébergeur·euses. Derrière ce dispositif se dessine une remise en cause majeure de droits fondamentaux, notamment le principe d’inviolabilité du domicile, en permettant l’arrestation, la détention et l’expulsion de personnes sur la base de leur situation administrative, contribuant ainsi à leur criminalisation.

  • La criminalisation de la solidarité n’est pas nouvelle : elle traverse l’histoire des mouvements sociaux et accompagne, à chaque époque, les tentatives des pouvoirs en place de contenir celles et ceux qui contestent l’ordre établi.

    À travers le droit, la police ou des dispositifs d’exception, ce sont souvent les mêmes groupes qui sont visés : travailleurs et travailleuses, personnes migrantes, sans-abri, militant·es, ainsi que les organisations collectives qui les soutiennent : syndicats, collectifs, mouvements sociaux, associations.

    Aujourd’hui, les réformes portées par le gouvernement Arizona, qui affaiblissent les droits sociaux et les mécanismes de solidarité, s’accompagnent d’un tournant sécuritaire marqué, avec un renforcement des dispositifs de contrôle et de répression.  Parmi ces mesures, le projet de lois anti-manifestation permettrait par exemple à un juge d’interdire à une personne de participer à des actions collectives pendant plusieurs années, remettant directement en cause le droit fondamental de protester. La Loi Bernard Quintin vise elle à interdire les organisation jugées comme « radicales et terroristes » pouvant faire tomber de nombreux groupes militants qui luttent pour une société plus juste.

    Cette criminalisation s’observe également dans la répression de mouvements de solidarité, notamment autour de la Palestine. Sous couvert de maintien de l’ordre public, les autorités ont multiplié les restrictions : interdictions de manifester, arrestations pour port de keffieh, sanctions administratives, pressions dans les milieux universitaires, ou encore tentatives de censure. Des personnes ont ainsi été sanctionnées pour avoir affiché leur soutien, participé à des manifestations ou occupé des espaces universitaires, traduisant une volonté de restreindre non seulement certaines actions, mais aussi certaines prises de position.

    Dans le même temps, les politiques migratoires se durcissent fortement. Restriction du regroupement familial, expulsions vers des pays tiers, augmentation du coût d’accès à la nationalité : ces mesures s’inscrivent dans une logique de fermeture et de tri, assumée par la ministre de l’asile Anneleen Van Bossuyt comme « la plus stricte jamais menée ». Elles participent à la précarisation des personnes concernées, tout en rendant plus risquées les actions de solidarité à leur égard.

    Ce double mouvement, entre recul des droits sociaux et criminalisation des résistances, contribue à isoler les individus et à fragiliser les dynamiques collectives, faisant de la solidarité elle-même un acte suspect, alors même qu’elle constitue un pilier essentiel de toute société démocratique.

  • Face à l’isolement organisé par les logiques individualistes et renforcé par les politiques actuelles, faire collectif devient une nécessité politique, sociale et vitale.

    C’est rompre avec l’idée que nos difficultés seraient individuelles et reconnaître que derrière des situations différentes se trouvent des causes communes : inégalités structurelles, politiques qui fragilisent, systèmes qui organisent la précarité. C’est dans la mise en commun des vécus que peut émerger une conscience collective, capable de transformer la colère et la fatigue en force politique.

     

    Mais faire collectif, ce n’est pas qu’un principe : ce sont des pratiques concrètes, qui existent déjà, ici et maintenant.

    Depuis longtemps, des structures collectives comme les syndicats, les mutuelles, les coopératives ou encore certaines associations populaires jouent ce rôle essentiel d’organiser des formes de solidarité concrète. À travers l’entraide, la défense des droits sociaux ou la mise en commun de ressources, elles rappellent que les conquêtes sociales ne se gagnent jamais seul·es, mais collectivement. Même fragilisées ou attaquées aujourd’hui, ces structures restent des espaces importants de soutien, d’organisation et de résistance.

    À Liège, en avril 2026, un centre social autogéré a ouvert en plein cœur de la ville, dans une ancienne maison de repos laissée vide depuis huit ans. Porté par un collectif militant, ce lieu se veut un espace de solidarité et d’organisation, où se croisent initiatives politiques et moments de vie : repas à prix libre, assemblées, ateliers, cinéclubs, espaces de sport gratuits.

    Faire collectif, c’est aussi répondre à des besoins immédiats, parfois vitaux. À Woluwe-Saint-Pierre, une quarantaine de personnes sans papiers, majoritairement des femmes et des enfants, occupent un bâtiment vide pour ne plus dormir à la rue. Dans un contexte où l’accès au logement leur est presque impossible, cette occupation devient une solution de survie, mais aussi un point d’appui pour s’organiser. Autour d’elles, des solidarités locales se mettent en place, permettant non seulement de répondre à l’urgence, mais aussi de créer des conditions pour entamer des démarches, scolariser les enfants, reprendre souffle.

    Dans d’autres quartiers, ce sont aussi des espaces à défendre et à réinventer. À Bruxelles, dans le quartier de Scheut, un ancien stade abandonné depuis plus de vingt ans fait aujourd’hui l’objet d’une mobilisation portée notamment par le Front de mères et plusieurs associations, qui souhaitent le rouvrir pour en faire un lieu vivant, pensé par et pour les habitant·es, qui peu ont la chance d’avoir des jardins. Ces luttes, ancrées dans des réalités locales, montrent que faire collectif, c’est aussi partir des besoins concrets, des usages, des espaces de vie, pour construire des réponses qui renforcent le tissu social.

    C’est aussi une solidarité qui dépasse les frontières. C’est comprendre que nos luttes sont liées, qu’elles s’inscrivent dans des rapports de domination plus larges, et que tant que certaines vies sont écrasées ailleurs, aucune liberté n’est complète.

    En Belgique, des mobilisations ont émergé en soutien au peuple palestinien face au génocide en cours à Gaza. Le 4 mars 2024, plus de 70 personnes ont bloqué les locaux d’OIP, une entreprise belge qui produit des armes, des technologies militaires ou de surveillance utilisées par le régime d’apartheid israélien. Le but: bloquer et ralentir la production de pièce qui participent au colonialisme et au génocide.

    Ces initiatives montrent que le collectif existe déjà, qu’il se construit dans les interstices, dans les luttes, dans les gestes du quotidien. Faire collectif c’est refuser l’isolement,  recréer du lien et de construire des formes de vie fondées sur l’entraide, la dignité et la justice.

  • LA CULTURE N'EST JAMAIS NEUTRE

    La culture porte des récits, des imaginaires et participe à façonner notre compréhension du monde. Avec cette campagne, nous défendons un véritable choix de société.

     

    À travers des espaces comme le Village des Possibles et notre programmation engagée (collectifs, associations, artistes, ateliers, conférences...), nous proposons un lieu où se croisent pratiques artistiques, réflexions critiques et engagements collectifs contre les logiques autoritaires.

    La joie collective est notre souffle : on vient à Esperanzah! pour s'évader, mais surtout pour puiser l'élan nécessaire pour transformer la réalité de manière solidaire et inclusive.

  • La lutte continue d'éveiller les esprits au coeur du  village iconique d'Esperanzah!. Pour l'occasion, il prend ses quartiers tout en haut de l'Abbaye. 

    DJ Set, débats, cinéma, drag-show, ateliers... Toute une programmation est développée chaque année en lien avec la campagne thématique.  La programmation complète arrive tout bientôt! 

  • Haut lieu de convergences des luttes, c'est au Village des Possibles que la campagne s'épanouit pleinement. C'est là que se retrouvent les habitant·es les plus éclairé·es de l'île. On pourrait trouver leurs idées radicales, elles n'en sont pas moins à la base des changements opérés sur l'île dans sa globalité.

    Cette année encore, le village où tout est possible prend ses quartiers dans les hauteurs de l'Abbaye, en face de la scène Jardin. Une trentaine d' associations et collectifs s’y installeront le temps du week-end. Sensibilisation, projections, animation de débats seront le fer de lance de ces assocs. 

    LES ASSOCIATIONS

    • Décrypter les systèmes de domination 
       -Analyser les mécanismes politiques, économiques et culturels qui structurent les inégalités.

    • Mettre en lumière les luttes et les résistances
       -Visibiliser les mouvements sociaux, collectifs et initiatives citoyennes qui s’organisent face aux injustices.
       -Relier les combats locaux et internationaux pour montrer leur continuité et leur interdépendance.

    • Questionner les inégalités structurelles et dénoncer les conséquences concrètes des systèmes dominants sur les droits sociaux, les conditions de vie, les minorités et publics précarisés, l’environnement et les ressources communes

    • Favoriser la rencontre entre mondes et acteur·ices en créant des espaces de dialogue entre artistes, militant·es, chercheur·euses, associations et citoyen·nes.

    • Outiller pour comprendre et agir, proposer des outils concrets pour s’informer, s’organiser et agir à différentes échelles.

    • Défendre une société solidaire et interconnectée en encourageant une vision globale où les luttes ne sont pas isolées mais reliées entre elles.

    • Sensibiliser à des notions clés
      -Luttes sociales
       -Solidarités
       -Antifacisme
       -Droits sociaux
       -Mise en réseau des résistances
       -Répression et criminalisation des luttes
       -Racisme structurel

  • DEFINITION DES TERMES DU SLOGAN

     

    LUTTER 

    Dans son sens militant, c’est un ensemble d’actes qui sont menés soit contre une valeur à laquelle on ne croit pas ou pour une valeur à laquelle on croit.[1]

    Lutter, c’est s’organiser collectivement face aux dominations. Refuser l’isolement, se former, créer, débattre et agir ensemble pour transformer le monde, ici et maintenant. Un monde sans oppression ne se rêve pas seul·e, il se construit à plusieurs, pas à pas. Mais lutter, ce n’est pas seulement militer. Pour certain·es, c’est survivre dans une société qui nie leurs droits et hiérarchise les vies. Lutter, c’est alors trouver où dormir, faire face aux discriminations, prendre soin des siens, tenir. 

    Toutes les formes de lutte comptent : des mobilisations visibles aux gestes quotidiens, jusqu’au simple fait d’exister.

     

    COLLECTIF

    Qui est le fait de plusieurs personnes. Faire collectif, c’est refuser l’individualisme comme horizon. C’est s’opposer à la stigmatisation des chômeur·euses, des migrant·es, et à la tentation d’un·e leader fort·e qui déciderait pour tou·tes. C’est prêter attention à chacun·e, en construisant une société fondée sur l’égalité, la dignité et la protection commune.  

    C’est aussi relier les vécus pour comprendre que les injustices ne sont pas isolées mais systémiques. Le collectif permet alors de transformer l’isolement en solidarité, et la colère ou la fatigue en force politique. Il permet de passer de l’isolement à la solidarité, de la frustration individuelle à la lutte commune.

    L'ALTERNATIVE 

    Possibilité de faire alterner, de faire succéder deux états, deux partis opposés.

    L’alternative, c’est ce que l’on construit déjà, ici et maintenant, face aux projets autoritaires. C’est rendre désirable un autre monde, où l’on vit mieux : solidarités concrètes, dignité, accès aux soins et au logement. Elle prend forme dans des expériences collectives qui élargissent nos imaginaires et montrent que d’autres façons de vivre sont possibles. Il n’existe pas une seule alternative, mais une multiplicité de chemins, des initiatives locales aux transformations plus larges.

    L’alternative, c’est refuser de croire qu’il n’y a pas d’autre choix, et affirmer que d’autres mondes existent déjà.

     

    LEXIQUE 

    ALLIANCE
    Lien de coopération entre des personnes, collectifs ou mouvements qui décident d’agir ensemble autour d’objectifs communs. Les alliances permettent de renforcer les luttes, de partager des ressources et de créer des rapports de force collectifs.

     

    ALTERNATIVE
    Proposition ou manière d’agir différente des modèles dominants. Une alternative cherche à imaginer et construire d’autres façons de vivre, produire, décider ou organiser la société, basées sur des valeurs plus justes et solidaires.

     

    ANTIFASCISME

    L’ensemble des idées, actions et mouvements qui s’opposent au fascisme, à l’extrême droite et à toute forme de régime autoritaire. Il existe depuis les années 1930 et continue aujourd’hui à travers les mobilisations sociales, politiques et culturelles.

     

    ANTISÉMITISME

    La haine, le rejet ou les discriminations envers les personnes juives. L’antisémitisme a existé à travers l’histoire sous différentes formes et a conduit à des persécutions massives, notamment le génocide des Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale.

     

    AUTODÉTERMINATION

    Le droit pour un peuple ou un groupe à décider librement de son avenir, de ses lois et de sa forme de gouvernement, sans subir de domination extérieure.

     

    AUTOGESTION
    Mode d’organisation dans lequel un groupe gère collectivement ses activités et ses décisions, sans hiérarchie imposée. L’autogestion repose sur la participation directe, le partage des responsabilités et l’autonomie collective.

     

    AUTORITAIRE

    En se référant à l’Etat, cet adjectif qualifie un régime politique qui par divers moyens cherche la soumission et l’obéissance de la société. On parle également d’autoritarisme.

     

    CLASSISTE

    Ce mot désigne les attitudes, politiques ou systèmes qui discriminent les personnes en fonction de leur classe sociale. Le classisme renforce les inégalités entre riches et pauvres, et invisibilise les oppressions vécues par les plus précaires.

     

    CONVERGENCE DES LUTTES
    Idée selon laquelle différentes luttes sociales, écologiques, féministes, antiracistes ou économiques sont liées entre elles. Elle vise à construire des solidarités entre mouvements pour combattre ensemble les systèmes d’oppression et d’inégalités.

     

    ETAT DE DROIT

    Système politique dans lequel tout le monde est soumis aux mêmes lois, y compris ceux et celles qui détiennent le pouvoir. Autrement dit, le droit est au-dessus de tout et il sert à protéger les libertés et garantir la justice. Les lois sont claires, connues, les pouvoirs sont séparés, les citoyen.nes ont des droits fondamentaux etc.

     

    EXTRÊME DROITE

    L’extrême droite actuelle plonge ses racines dans le fascisme (Mussolini) et le nazisme (Hitler). Aujourd’hui, ses partis adoucissent leur discours et se présentent comme « droite radicale », en apparence respectueuse des règles démocratiques. Mais derrière cette façade, leurs idées restent tout aussi dangereuses. On peut identifier trois grandes caractéristiques de l’idéologie d’extrême droite.

     

    1. Une visions inégalitaire de la société: Elle accorde beaucoup d’importance aux différences entre les races, les cultures ou les civilisations, et considère que vouloir les traiter de manière égale va contre la nature.

    2. Une vision nationaliste du monde: Il existerait une homogénéité raciale, ethnique et civilisationnelle sur un territoire. Elle exclut les autres catégories de la population – étranger·ère·s, migrant·e·s, homosexuel·le·s – et crée des systèmes inégalitaires sur base de questions identitaires.

    3. Les recours à des moyens parfois non démocratiques: L’extrême droite propose souvent un programme radical remettant en cause les fondements démocratiques. Une fois au pouvoir, elle utilise les mécanismes institutionnels pour faire adopter des lois qui affaiblissent progressivement les droits fondamentaux, la séparation des pouvoirs et l’État de droit.

     

    FASCISME

    Mouvement politique nationaliste et totalitaire que Mussolini établit en Italie de 1922 à 1943. Ce terme est employé pour tout système ou doctrine poli- tique de totalitarisme étatique et nationalisme. Il s’emploie aujourd’hui pour toute attitude politique ultra-conservatrice et autoritaire souvent réactionnaire, raciste. Hors de tout contexte politique, il s’utilise pour parler d’une autorité imposée.

     

    FENÊTRE D'OVERTON

    C’est le spectre des idées considérées comme acceptables dans une société à un moment donné. Une idée choquante ou inacceptable peut, si elle est répétée et reformulée, devenir peu à peu tolérée, puis normale. Cela permet de faire glisser l’opinion publique sans qu’elle s’en rende compte.

     

    ISLAMOPHOBIE

    La haine, la peur ou les discriminations envers les personnes musulmanes, ou supposées l’être. Cela peut prendre la forme d’insultes, de violences, de stigmatisation dans les médias ou les lois.

     

    JUSTICE SOCIALE
    Principe visant à garantir une répartition plus équitable des richesses, des droits et des opportunités au sein de la société. Elle cherche à réduire les inégalités et à assurer à chacun·e des conditions de vie dignes.

     

    NATIONALISME
    Avant 1865, le nationalisme est associé à l’aspiration à l’indépendance et l’autodétermination des peuples opprimées. Aux approches de 1914, le mot suggère une attitude de défense patriotique et souvent de conservatisme politique. Le nationalisme, sous couvercle dominateur, est une idéologie qui veut donner la priorité à la nation tout en désignant des ennemis extérieurs ou intérieurs. Il est à l’origine du fascisme et du nazisme avec la volonté d’étendre ses principes et valeurs à l’ensemble du monde. Il est encore souvent une des caractéristiques des mouvements politiques d’extrême-droite.

     

    NÉOLIBÉRALISME
    Modèle économique et politique qui défend la libre concurrence, la privatisation et la réduction du rôle de l’État dans les services publics. Il favorise souvent les intérêts économiques privés au détriment des droits sociaux, des solidarités collectives et de l’accès égal aux ressources essentielles.

     

    OPPRESSION SYSTÉMIQUE

    Forme d’injustice profondément ancrée dans les lois, les institutions et les pratiques sociales. Elle ne repose pas seulement sur des comportements individuels, mais sur un système entier qui défavorise certains groupes (femmes, personnes racisées, pauvres, personnes handicapées, etc.) et en privilégie d’autres.

     

    PRÉCARITÉ
    Situation d’instabilité sociale, économique ou administrative qui fragilise les conditions de vie d’une personne ou d’un groupe. Elle peut concerner le logement, le travail, les revenus, la santé ou l’accès aux droits fondamentaux.

     

    QUEER

    Terme utilisé par certaines personnes LGBTQIA+ pour se définir en dehors des normes de genre et de sexualité traditionnelles. À l’origine utilisé comme insulte, il a été réapproprié comme mot d’affirmation et de lutte. Aujourd’hui, elle désigne une identité politique.

     

    SOLIDARITÉ
    Principe selon lequel les individus et les groupes s’entraident et se soutiennent mutuellement. La solidarité repose sur l’idée qu’une société plus juste se construit collectivement, en partageant les ressources, les droits et les responsabilités.

     

    TOTALITARISME

    Régime politique dans lequel l’État contrôle tous les aspects de la vie (politique, économique, sociale, culturelle) et où aucune opposition n’est tolérée. Il repose sur la peur, la propagande, la répression et l’absence de libertés.

     

    WOKISME

    Mot utilisé de façon péjorative pour critiquer les personnes ou mouvements qui défendent les droits des minorités (racisées, LGBTQIA+, femmes, etc.) et s’opposent aux discriminations. À l’origine, être « woke » signifie simplement être éveillé aux injustices sociales. Ce terme est souvent détourné par l’extrême droite pour attaquer les luttes pour l’égalité.

  • COMPRENDRE L'EXTRÊME DROITE ET LE FASCISME

     

    ENQUÊTES ET INFILTRATION

    ETAT DES LIEUX POLITIQUE ET INSTITUTIONNEL

    BATAILLE CULTURELLE

    LES RACINES COLONIALES DU FASCISME

    OUTILS DE RÉSISTANCE ​

    VOIX ET LUTTES ANTIFASCISTES

    EXTRÊME DROITE DANS LE MONDE 

    S'ORGANISER COLLECTIVEMENT 

    RELIER LES LUTTES

    CONSTRUIRE DES ALTERNATIVES 

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