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Rocky Traoré © Danze Denis-DSC_1358.jpg

ROKIA TRAORÉ : ESPERANZAH! SOLIDAIRE DE SON COMBAT

Depuis plusieurs années, la chanteuse et musicienne malienne Rokia Traoré est au cœur d’une procédure judiciaire complexe autour de la garde de sa fille. L’affaire l’oppose à son ex-compagnon, un puissant dramaturge belge, avec qui elle a partagé sa vie entre 2013 et 2018.

Ce conflit familial s’est progressivement transformé en une épreuve internationale hors norme : mandat d’arrêt européen, arrestation et emprisonnement à Paris en 2020 (six semaines à Fleury-Mérogis), puis de nouveau en Italie et en Belgique en 2024 et 2025, notamment à la prison de Haren. Au total, Rokia Traoré a passé 8 mois et 13 jours derrière les barreaux. En ce mois de mai 2026, la justice belge vient de la condamner à deux ans de prison, dont une partie avec sursis, pour non-représentation d’enfant. Des mesures qui semblent d'une sévérité extrême et surtout interpellent, vu que la justice malienne avait quant à elle confié la garde de l’enfant à la mère.

Au-delà du cas individuel, cette affaire met en lumière les préjugés potentiels et les stéréotypes culturels qui pourraient continuer d’influencer certaines juridictions européennes en traitant les mères africaines à travers des logiques profondément eurocentrées, alors que seul l’intérêt supérieur de l’enfant devrait compter. Nous pensons ici à l'histoire des enfants métis issus de la colonisation au Congo, au Rwanda et au Burundi, mais aussi au Mali. Au nom d'une prétendue "protection" et en vertu du droit du sol, des milliers d’enfants ont été arrachés à leurs mères africaines pour être placés dans des institutions européennes.

Aujourd'hui, le risque existe toujours de préférer ces vieux réflexes coloniaux à la réalité vécue d’un enfant et à une véritable quête de justice. Dans ce système, la parentalité africaine apparaît trop souvent comme contestable ou suspecte. Les femmes africaines voient leur parole fragilisée et leurs choix éducatifs systématiquement évalués par des institutions qui se pensent neutres, mais restent marquées par des héritages paternalistes.

Face à l’acharnement existant dans cette procédure depuis de nombreuses années, Rokia Traoré ne lâche rien et reste debout, déterminée à ne pas abandonner ses combats politiques et son besoin de retrouver la scène pour exercer son métier, qu'elle a dû stopper durant de nombreuses années à cause de ce procès. Pour Esperanzah!, sa présence cet été est donc plus que jamais légitime. Nous maintenons son concert avec la conviction renforcée qu'être solidaire de son combat, c’est aussi lui permettre de reprendre le fil de sa carrière et de s'exprimer avec force sur les injustices de ce monde.

Éléments de réflexion et analyses de fond

Afin de vous partager les perspectives qui nous ont permis de prendre de la hauteur et de nourrir notre analyse sur la complexité internationale de ce dossier, nous joignons à ce courrier une sélection d'articles et de tribunes de référence :
 

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