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Quel est le secret caché derrière la symbolique du clip « Bataclan » de Médine ?

Paru le 2018-04-17

Jérôme
Coordinateur campagne et fan de hip-hop !

#espe2018 #hiphop #médine

Il y a un mois, Médine sortait son clip « Bataclan » en prévision de son superbe album « Storyteller ».

Esthétiquement futuriste, les paroles ont été comprises par la majorité du public mais beaucoup débattent encore de la métaphore mobilisée dans la vidéo.

En voyant le titre « Bataclan » on aurait pu s’imaginer une nouvelle provocation comme Médine en a le secret. Il faut revoir et réécouter « Don’t Laïk », « MC Soraal » ou l’album « Djihad ». Médine y assumait des caricatures pour alimenter les débats, très nerveux en France, sur la laïcité, l’islamophobie et l’identité nationale. Le clip « Don’t Laïk », bourré de symboliques subversives, avait fait les choux gras des éditorialistes néoconservateurs notamment parce qu’il était sorti quelques jours avant les attentats de Charlie Hebdo.
Mauvais concours de circonstances.

Ici, Médine n’aborde pas le radicalisme ou la religion.
« Bataclan » retrace les liens entre le rappeur et le monde de la scène à travers le prisme d’une salle mythique où il sera programmé en octobre 2018, marquant un certain aboutissement artistique.

 

Mais nous pensons que le clip amène une deuxième lecture.

Inutile de le rappeler, le Bataclan a été un des théâtres des attaques terroristes du 13 novembre 2015, à Paris. Médine a, à de nombreuses reprises, dénoncé le climat délétère sur l’identité nationale et la diversité en France qui s’aggrave après chaque attentat, donnant du grain à moudre à chaque recruteur radicalisé.

L’irresponsabilité de certains « intellectuels » n’a d’égale que la bêtise avec laquelle ils jugent l’œuvre satirique comme un pamphlet apologiste. Voilà 10 ans que je déconstruis préjugés, sémantiques galvaudées et autres symboles polluants le débat national en ma qualité d’artiste.C’est donc dans ce contexte dramatique que les compteurs du bon sens et du burlesque sont remis à zéro par la nouvelle police de la pensée. Ai-je besoin de préciser moi, jeune rappeur du Havre, à ces académiciens, philosophes, essayistes que mon propos est l’incarnation même du combat de « Charlie Hebdo » ? (Médine)

Dans ce cadre, le clip est, selon nous, une dystopie nous plongeant dans un futur où le radicalisme aura gagné. Médine ne nous dit pas lequel : celui des religieux ou celui de l’extrême droite. Mais en tout cas, une société où le débat public, illustré notamment par la musique, serait interdit au nom d’une sacré sainte vérité obscurantiste.

Le clip montre trois anciens rappeurs, ayant été censuré dans la réalité (Youssoupha, Orelsan et Médine) qui vont dans une clinique à « shoot de musique » qui permettrait de se replonger au temps où la musique était permise. Au temps où on vivait collectivement des moments d’émotions forts, notamment dans des salles de concerts.

Et nous vous invitons à faire ode à la musique comme outil d’éducation populaire avec Médine le samedi 4 août à Esperanzah!.

 

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