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Rekia Azzaz, au Comptoir des Saveurs depuis 2002

Paru le 2023-06-22

Sophie R
Promo & graphisme

 

À la première édition en 2002, elle était là. Rekia Azzaz, restauratrice de 68 ans, cuisine durums, hamburgers keftas, falafels et autres joyeusetés algériennes. « Les spécialités de Rekia », c’est avant tout une affaire de famille. L’immanquable des festivaliers ne pouvait que mériter une mise à l’honneur. Peu des bénévoles, festivaliers ou employés ne manquent de passer lui dire bonjour et pour certains, entrent comme dans un moulin derrière son comptoir parfumé. « C’est un peu chez eux aussi », dit-elle avec délice. Sans elle, le festival n’aurait pas la même saveur. Elle a vu le festival évoluer sans se douter qu’elle aussi a pu le faire grandir. Rekia, c’est la générosité, le partage, la passion et le talent. Pour longtemps encore.

Sonia, sa fille aînée

« Ma mère adore Esperanzah!. Il y a un lien particulier parce qu’on a commencé avec. C’est plus que du travail, c’est de l’affect aussi. Quand on est à d’autres festivités, on nous reconnait comme stand d’Esperanzah!. On fait partie des meubles. Le festival nous a fait grandir. Le développement durable, c’était un peu l’inconnue pour nous au début mais l’organisation nous a aidé à aller dans ce sens. En 20 ans, on n’a pas vraiment changé d’identité, le stand reste reconnaissable et on propose la même chose à manger, la même formule qui marche. (…) Comme on est fort chargé, on n’a pas le temps de voir les artistes. Par curiosité, je pose souvent la question de qui joue maintenant et on partage avec plaisir leur ressenti d’après. Un artiste que j’ai été voir parce que j’y tenais, c’est le slammeur Abd Al Malik (en 2009). La musique du monde, latine, arabe, c’est l’éducation avec laquelle on a grandi. Mon oncle organise pas mal de soirées musicales lui aussi. »

Rekia, la cheffe de tribu

« Je suis la vieille des vieilles ! J’ai commencé tout au-dessus du chemin, près de l’arcade de l’abbaye. À cette époque, je faisais déjà Dour aussi. L’ambiance familiale et multiculturelle m’a fait revenir l’année d’après. On était très appréciés par les bénévoles. À chaque fois je prends mes enfants, mon fils qui est tout le temps avec moi monte le stand. Mon ainée, Sonia, m’accompagne pour le décor puis on cuisine tous ensemble, ma sœur, mes neveux, mes nièces… Les clients du début reviennent toujours chez nous, on se reconnaît. Ils vont gouter ailleurs aussi, c’est normal, mais c’est sûr qu’ils passent manger chez nous ! À force, je suis devenue la maman de tout le monde. En général, on est à côté des mêmes stands, l’indien qui fait les currys et les africains qui font les beignets. On est toujours heureux de se revoir. Et les festivaliers aussi. Il y en a des comiques. Ma fille se souvient de tout le monde, il faut lui demander. Je continuerai de venir tant que la santé me le permettra ! Sinon, je lèguerai à mes enfants »